dimanche 27 février 2011
17 Avril: Journée internationale des luttes paysannes
Enterrons le système alimentaire agro-industriel! L'agriculture paysanne peut nourrir le monde!
(Djakarta, le 22 février 2011) Le système alimentaire agro-industriel dominant a échoué. Les promesses du Sommet mondial de l'alimentation de 1996, reprises par l'objectif du Millénaire pour le développement visant à réduire la faim en 2015 ne seront pas tenues.
La faim et l'insécurité alimentaire augmentent. Environ un milliard de personnes souffrent actuellement de la faim, un autre milliard de malnutrition – avec un manque important de vitamines et de minéraux – alors qu’un milliard sont suralimentés. Un système alimentaire global = 3 milliards de victimes!
Les politiques alimentaires mises en place au cours des 20 dernières années ont été fortement défavorables envers l'agriculture paysanne, qui néanmoins continue de nourrir plus de 70% de la population mondiale.
La terre, les semences et l'eau ont été privatisées et cédées à l'agrobusiness, entraînant la migration des membres de communautés rurales vers les villes, en laissant derrière eux des terres fertiles pour que les entreprises multinationales produisent des agrocarburants, de la biomasse ou des aliments destinés à l’exportation pour les consommateurs des pays riches.
Les politiques néolibérales partent de l’hypothèse que la main invisible du marché partagera le gâteau d'une manière efficace et juste. A Davos cette année, les gouvernements du monde ont parlé de conclure le cycle de Doha des négociations de l’OMC en juillet 2011 pour, précisément, sauver le monde des crises alimentaires récurrentes. En réalité, la crise alimentaire endémique actuelle démontre que la libéralisation accrue des marchés agricoles n'aide pas à nourrir le monde, mais qu'au contraire elle accentue la faim et contraint les paysans et paysannes à quitter leurs terres. Les gouvernements ont donc tort.
En effet, les matières premières alimentaires sont entrées en masse sur les marchés spéculatifs, surtout depuis 2007. Pour ces marchés, les denrées alimentaires sont des produits de base dans lesquels les investisseurs peuvent soudainement investir des milliards, ou les retirer, gonflant ainsi des bulles qui éclatent par la suite en semant la misère partout. Les prix des aliments sont élevés, hors de la portée des consommateurs pauvres. Or, les prix payés aux paysans sont bas, ce qui les appauvrît d'avantage. Les gros négociants, les supermarchés et les spéculateurs continuent d'accroître leurs profits au détriment des peuples victimes de la faim.
Le temps est venu de changer radicalement le système alimentaire agro-industriel. La Via Campesina, mouvement représentant plus de 200 millions de paysans et paysannes à travers le monde, propose la souveraineté alimentaire comme moyen efficace et juste de produire et de distribuer de la nourriture dans toutes les communautés, toutes les provinces et tous les pays.
La mise en place de la souveraineté alimentaire signifie de défendre partout l'agriculture de petite échelle, l'agroécologie et la production locale, partout où cela est possible. Elle requière que les gouvernements soutiennent ce nouveau paradigme en donnant aux paysans et paysannes accès à la terre, à l'eau, aux semences, au crédit et à l'éducation, tout en les protégeant des importations bon marché par la mise en place de stocks publics ou appartenant aux paysans et la gestion de leur production.
La défense de la souveraineté alimentaire permetrait d’assurer des moyens d’existence pour des milliards de personnes et réduirait la pauvreté, qui est en grande partie un phénomène rural. Sur les 1,4 milliards de personnes qui souffrent aujourd'hui d’extrême pauvreté dans les pays en développement, 75% vivent et travaillent dans des zones rurales.
La production alimentaire locale et la vente directe du paysan au consommateur garantissent que la nourriture reste en dehors du jeu de Monopoly capitaliste. Cela la rend moins sujette à la spéculation. En outre, l'agriculture durable permet la régénération de l'environnement et des sols, protégeant ainsi la biodiversité et la santé des peuples. Elle est également plus résiliente au changement climatique et aide à arrêter le réchauffement climatique.
C'est cela que la Via Campesina défendra durant la réunion de la Banque Mondiale et du FMI en avril, du G20 sur l'Agriculture en juin, du Comité pour la Sécurité Alimentaire en octobre, et de l'OMC en décembre 2011.
Joignez-vous à notre journée mondiale d'actions!
Le 17 avril est une journée spéciale. A travers le monde, nombreux sont ceux et celles qui se mobilisent pour soutenir les paysans, les paysannes et les ruraux dans leur lutte pour survivre et continuer de nourrir le monde. Cette journée commémore la mort de 19 paysans du Brésil qui furent assassinés alors qu’ils luttaient pour leur terre et leur dignité.
Chaque année, plus d'une centaine d'actions et d’événements ont lieu à travers le monde pour défendre un nouveau système alimentaire fondé sur la souveraineté alimentaire, la justice et l'égalité.
Où que vous soyez, qui que vous soyez, vous êtes invité( e)s à vous joindre à la célébration: organisez une action, une mobilisation, un marché, une projection de film, une exposition de photos, un débat, une fête, un programme spécial de radio, de télé…
Rejoignez-nous
Faites-nous savoir ce que vous organisez à l'avance. Envoyez-nous des posters, des vidéos, des photos, des articles. Nous les publierons sur www.viacampesina.org
Inscrivez-vous à notre liste de diffusion spéciale en envoyant un message blanc à l'adresse suivante: via.17april-subscribe@viamcampesina.net
Lisez notre nouvelle publication: "L'agriculture familiale, paysanne et durable peut nourrir le monde"
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La Via Campesina
Via Campesina is an international movement of peasants, small- and medium-sized producers, landless, rural women, indigenous people, rural youth and agricultural workers. We are an autonomous, pluralist and multicultural movement, independent of any political, economic, or other type of affiliation. Born in 1993, La Via Campesina now gathers about 150 organisations in 70 countries in Asia, Africa, Europe, and the Americas.
International Operational Secretariat:
Jln. Mampang Prapatan XIV no 5 Jakarta Selatan, Jakarta 12790 Indonesia
Tel/fax: +62-21-7991890/+62-21-7993426
Email: viacampesina@viacampesina.org
lundi 7 février 2011
Un réseau original : « Liens de jardins 44 » est né à La Chapelle-sur-Erdre
Ouest-France / Pays de la Loire / Nantes / La Chapelle-sur-Erdre / Archives du samedi 04-12-2010
Trois questions à...
Alain Toublan, président de l'association chapelaine Du jardin au paysage, initiateur du réseau « Liens de jardins 44 », regroupant les animateurs d'une vingtaine d'associations de jardiniers amateurs de Loire-Atlantique et né à La Chapelle.
Comment a germé cette idée dans votre esprit ?
Aujourd'hui, en Loire-Atlantique, une centaine d'associations cultivent le thème du jardinage. Diverses par leur nature et leurs activités : jardins partagés, jardins d'insertion sociale, jardins intergénérationnels, jardins de particuliers, collectionneurs de plantes... J'ai constaté que ces passionnés se connaissaient mal, voire pas du tout. Le terreau était donc propice à la création d'un réseau des associations de jardiniers amateurs. Ce n'est pas une association de plus, mais un groupement convivial construit sur une affinité : l'amour des jardins. Nous souhaitons y cultiver le lien social et contribuer « au mieux vivre ensemble » grâce aux échanges de toute nature, de la graine au savoir faire. D'où le nom : Liens de jardins 44.
Qu'avez-vous découvert à l'occasion de votre première rencontre ?
Notre objectif était de mieux nous connaître, tout en réfléchissant à l'ensemble des questions de fond. Nous avons ainsi découvert « Les jardiniers butineurs », jeune association basée dans le nord du département, ainsi que le jardin partagé de l'association Iaca à Plessé qui met en valeur la production de légumes. À Saint-Nazaire, « Le Lien élemen Terre » met en relation des personnes disposant d'un jardin qu'elles ne cultivent pas avec d'autres personnes qui souhaitent jardiner pour leur plaisir. Entraide, transmission de savoir faire... Rémy Orhon, ancien responsable des espaces verts de notre commune, a mis l'accent sur le passage d'une gestion écologique des espaces verts à une gestion écologique des territoires communaux en incluant les jardins privés.
Quelle suite prévoyez-vous pour enraciner Liens de jardins ?
Conférences animées par des experts du monde végétal, organisation d'événements par plusieurs associations, visites de jardins sont en projet pour les prochains mois. Et puis, comme le dit le célèbre jardinier paysagiste Gilles Clément : « pour faire un jardin, il faut un morceau de terre et l'éternité. » Cela s'applique aussi au réseau des associations de jardiniers amateurs de Loire-Atlantique !
Trois questions à...
Alain Toublan, président de l'association chapelaine Du jardin au paysage, initiateur du réseau « Liens de jardins 44 », regroupant les animateurs d'une vingtaine d'associations de jardiniers amateurs de Loire-Atlantique et né à La Chapelle.
Comment a germé cette idée dans votre esprit ?
Aujourd'hui, en Loire-Atlantique, une centaine d'associations cultivent le thème du jardinage. Diverses par leur nature et leurs activités : jardins partagés, jardins d'insertion sociale, jardins intergénérationnels, jardins de particuliers, collectionneurs de plantes... J'ai constaté que ces passionnés se connaissaient mal, voire pas du tout. Le terreau était donc propice à la création d'un réseau des associations de jardiniers amateurs. Ce n'est pas une association de plus, mais un groupement convivial construit sur une affinité : l'amour des jardins. Nous souhaitons y cultiver le lien social et contribuer « au mieux vivre ensemble » grâce aux échanges de toute nature, de la graine au savoir faire. D'où le nom : Liens de jardins 44.
Qu'avez-vous découvert à l'occasion de votre première rencontre ?
Notre objectif était de mieux nous connaître, tout en réfléchissant à l'ensemble des questions de fond. Nous avons ainsi découvert « Les jardiniers butineurs », jeune association basée dans le nord du département, ainsi que le jardin partagé de l'association Iaca à Plessé qui met en valeur la production de légumes. À Saint-Nazaire, « Le Lien élemen Terre » met en relation des personnes disposant d'un jardin qu'elles ne cultivent pas avec d'autres personnes qui souhaitent jardiner pour leur plaisir. Entraide, transmission de savoir faire... Rémy Orhon, ancien responsable des espaces verts de notre commune, a mis l'accent sur le passage d'une gestion écologique des espaces verts à une gestion écologique des territoires communaux en incluant les jardins privés.
Quelle suite prévoyez-vous pour enraciner Liens de jardins ?
Conférences animées par des experts du monde végétal, organisation d'événements par plusieurs associations, visites de jardins sont en projet pour les prochains mois. Et puis, comme le dit le célèbre jardinier paysagiste Gilles Clément : « pour faire un jardin, il faut un morceau de terre et l'éternité. » Cela s'applique aussi au réseau des associations de jardiniers amateurs de Loire-Atlantique !
Jardins partagés : lien ÉlémenTerre
L'association Lien ÉlémenTerre de Saint-Nazaire se propose de mettre en relation des personnes disposant d'un jardin en ville, dont elles ne s'occupent pas, avec d'autres citoyen-nes souhaitant pratiquer le jardinage pour leur simple plaisir, ou afin de subvenir partiellement à leurs besoins alimentaires.
Ce faisant, l'association crée du lien social, encourage la transmission de savoir-faire (potager, semences…) et l'entre-aide, redonne le goût du jardinage, participe à une alimentation saine…
A lire sur Spirale : http://www.spirale.attac.org/node/448
Site internet de l'association ElémenTerre :
http://lienelementerre.perso.sfr.fr/#mozTocId871621
publié le 23 sept. 2010 13:00
Ce faisant, l'association crée du lien social, encourage la transmission de savoir-faire (potager, semences…) et l'entre-aide, redonne le goût du jardinage, participe à une alimentation saine…
A lire sur Spirale : http://www.spirale.attac.org/node/448
Site internet de l'association ElémenTerre :
http://lienelementerre.perso.sfr.fr/#mozTocId871621
publié le 23 sept. 2010 13:00
dimanche 30 janvier 2011
la Via Campesina au forum social mondial de Dakar
Communiqué de presse
La Via Campesina au Forum Social Mondial de Dakar:
Stop à l’accaparement des terres, pour la souveraineté alimentaire, et non à la violence faite aux femmes paysannes!
(Jakarta, le 28 Janvier 2011) Le mouvement paysan international La Via Campesina sera présente au Forum Social Mondial à Dakar, Sénégal, du 6 au 11 Février avec une délégation de plus de 70 représentants et représentantes d’organisations paysannes d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques. Ils participeront avec de nombreuses organisations de la société civile aux débats sur les alternatives pour un monde meilleur.
Au moment où les prix des denrées alimentaires augmentent et où une nouvelle crise alimentaire est imminente, La Via Campesina défendra la Souveraineté Alimentaire comme étant la solution aux crises alimentaire et climatique.
La Via Campesina se joindra à la caravane organisée par les mouvements sociaux de Lomé (Togo) à Dakar (Sénégal). La Caravane partira le 23 Janvier et est attendue à Dakar le 5 Février, pour participer à la cérémonie d’ouverture du Forum Social Mondial, le 6 février.
Pendant le Forum Social Mondial, mouvement paysan lancera sa campagne en Afrique contre la violence faite aux femmes.
Dans le contexte du FSM, La Via Campesina exposera aussi des produits alimentaires et des semences de paysans africains sur la FIARA, un espace dynamique pour l’intégration des peuples africains par des activités commerciales et d’échange. S'y tiendront aussi des débats sur des sujets importants pour les paysans africains. Avec ses alliés, la Via Campesina organisera un débat à la FIARA sur «l’accaparement des terres dans le contexte des crises alimentaire et climatiques – le besoin de politiques foncières qui protègent la production paysanne pour les marchés locaux». L’accaparement de terres, comme partie intégrante du modèle agricole dominant basé sur les multinationales de l’agrobusiness et la monoculture industrielle à grande échelle affectent les paysans d’Afrique, d’Asie et des Amériques.
Pour la première fois, la FIARA proposera des espaces pour des conférences et des débats autour de la Souveraineté alimentaire.
Le mouvement paysan, avec ses alliés, organisera plusieurs débats, tels que «la défense des semences paysannes contre les OGM, contre les multinationales telles que Monsanto et contre les initiatives telles que l’AGRA» et aussi sur la Souveraineté alimentaire, la violence faite aux femmes et le changement climatique. La Via Campesina sera aussi activement impliquée dans le débat sur la préparation de la mobilisation des mouvements sociaux pour la prochaine Conférence des Nations Unies sur le climat, qui se tiendra à Durban, en Afrique du Sud, en Décembre 2011.
Le mouvement paysan aura aussi un stand au FSM, où seront disponibles des publications internationales et qui servira de point de rencontre pour les membres de La Via Campesina.
Rendez-vous avec les médias:
Le 9 février (de 10h00 à 11h00) – conférence de Presse au stand de LVC «Ce que les paysans attendent du Forum Social Mondial» (lieu à confirmer)
Les autres activités de la La Via Campesina
5 Février – Participation à la Journée spéciale sur les migrations, sur l’Ile de Gorée.
7 Février (9h00-12h00) – Débat: «l’accaparement des terres dans le contexte des crises alimentaire et climatiques – le besoin de politiques foncières qui protègent la production paysanne pour les marchés locaux», à la FIARA
8 Février (12h30-15h30) - Débat: «la défense des semences paysannes contre les OGM, contre les compagnies transnationales telles que Monsanto et contre les initiatives telles que l’AGRA», au FSM.
9 Février (12h30-15h30) – Débat sur Souveraineté alimentaire, violence faite aux femmes et changements climatiques, au FSM
9 Février (16h00-19h00) – Lancement au Sénégal et en Afrique de la Campagne de la Via Campesina, contre la violence faite aux femmes paysannes, au FSM.
Contacts pour la presse (pour des interviews avec des représentants d’organisations paysannes)
Mamadou Ba - téléphone: +221707052485
Boaventura Monjane – +221773942234 (à partir du 3 février)
E-mail:
Pour plus d’informations: www.viacampesina.org
La Via Campesina
La Via Campesina est le mouvement international de paysans et paysannes, petits et moyens producteurs, sans terre, femmes et de jeunes du milieu rural, peuples indigènes et travailleurs agricoles. Née en 1993, la Via Campesina rassemble actuellement quelque 150 organisations dans 70 pays du monde en Asie, Afrique, Europe et aux Amériques. Il compte quelque 200 millions de paysans et paysannes.
International Operational Secretariat:
Jln. Mampang Prapatan XIV no 5 Jakarta Selatan, Jakarta 12790 Indonesia
Tel/fax: +62-21-7991890/+62-21-7993426
Email: viacampesina@viacampesina.org
La Via Campesina au Forum Social Mondial de Dakar:
Stop à l’accaparement des terres, pour la souveraineté alimentaire, et non à la violence faite aux femmes paysannes!
(Jakarta, le 28 Janvier 2011) Le mouvement paysan international La Via Campesina sera présente au Forum Social Mondial à Dakar, Sénégal, du 6 au 11 Février avec une délégation de plus de 70 représentants et représentantes d’organisations paysannes d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques. Ils participeront avec de nombreuses organisations de la société civile aux débats sur les alternatives pour un monde meilleur.
Au moment où les prix des denrées alimentaires augmentent et où une nouvelle crise alimentaire est imminente, La Via Campesina défendra la Souveraineté Alimentaire comme étant la solution aux crises alimentaire et climatique.
La Via Campesina se joindra à la caravane organisée par les mouvements sociaux de Lomé (Togo) à Dakar (Sénégal). La Caravane partira le 23 Janvier et est attendue à Dakar le 5 Février, pour participer à la cérémonie d’ouverture du Forum Social Mondial, le 6 février.
Pendant le Forum Social Mondial, mouvement paysan lancera sa campagne en Afrique contre la violence faite aux femmes.
Dans le contexte du FSM, La Via Campesina exposera aussi des produits alimentaires et des semences de paysans africains sur la FIARA, un espace dynamique pour l’intégration des peuples africains par des activités commerciales et d’échange. S'y tiendront aussi des débats sur des sujets importants pour les paysans africains. Avec ses alliés, la Via Campesina organisera un débat à la FIARA sur «l’accaparement des terres dans le contexte des crises alimentaire et climatiques – le besoin de politiques foncières qui protègent la production paysanne pour les marchés locaux». L’accaparement de terres, comme partie intégrante du modèle agricole dominant basé sur les multinationales de l’agrobusiness et la monoculture industrielle à grande échelle affectent les paysans d’Afrique, d’Asie et des Amériques.
Pour la première fois, la FIARA proposera des espaces pour des conférences et des débats autour de la Souveraineté alimentaire.
Le mouvement paysan, avec ses alliés, organisera plusieurs débats, tels que «la défense des semences paysannes contre les OGM, contre les multinationales telles que Monsanto et contre les initiatives telles que l’AGRA» et aussi sur la Souveraineté alimentaire, la violence faite aux femmes et le changement climatique. La Via Campesina sera aussi activement impliquée dans le débat sur la préparation de la mobilisation des mouvements sociaux pour la prochaine Conférence des Nations Unies sur le climat, qui se tiendra à Durban, en Afrique du Sud, en Décembre 2011.
Le mouvement paysan aura aussi un stand au FSM, où seront disponibles des publications internationales et qui servira de point de rencontre pour les membres de La Via Campesina.
Rendez-vous avec les médias:
Le 9 février (de 10h00 à 11h00) – conférence de Presse au stand de LVC «Ce que les paysans attendent du Forum Social Mondial» (lieu à confirmer)
Les autres activités de la La Via Campesina
5 Février – Participation à la Journée spéciale sur les migrations, sur l’Ile de Gorée.
7 Février (9h00-12h00) – Débat: «l’accaparement des terres dans le contexte des crises alimentaire et climatiques – le besoin de politiques foncières qui protègent la production paysanne pour les marchés locaux», à la FIARA
8 Février (12h30-15h30) - Débat: «la défense des semences paysannes contre les OGM, contre les compagnies transnationales telles que Monsanto et contre les initiatives telles que l’AGRA», au FSM.
9 Février (12h30-15h30) – Débat sur Souveraineté alimentaire, violence faite aux femmes et changements climatiques, au FSM
9 Février (16h00-19h00) – Lancement au Sénégal et en Afrique de la Campagne de la Via Campesina, contre la violence faite aux femmes paysannes, au FSM.
Contacts pour la presse (pour des interviews avec des représentants d’organisations paysannes)
Mamadou Ba - téléphone: +221707052485
Boaventura Monjane – +221773942234 (à partir du 3 février)
E-mail:
Pour plus d’informations: www.viacampesina.org
La Via Campesina
La Via Campesina est le mouvement international de paysans et paysannes, petits et moyens producteurs, sans terre, femmes et de jeunes du milieu rural, peuples indigènes et travailleurs agricoles. Née en 1993, la Via Campesina rassemble actuellement quelque 150 organisations dans 70 pays du monde en Asie, Afrique, Europe et aux Amériques. Il compte quelque 200 millions de paysans et paysannes.
International Operational Secretariat:
Jln. Mampang Prapatan XIV no 5 Jakarta Selatan, Jakarta 12790 Indonesia
Tel/fax: +62-21-7991890/+62-21-7993426
Email: viacampesina@viacampesina.org
En mémoire à André Aubry ( 1927-2007)
Un Guerrier de la mémoire
André Aubry (Andrés, pour ses amis mexicains) est mort sur la route qui monte de Tuxtla à San Cristóbal, au Chiapas. Sa voiture s’est écrasée contre un camion. À quatre-vingts ans - dont la moitié vécue au Mexique -, cet ancien prêtre formé à l’ethnosociologie à Beyrouth et à la Sorbonne s’était fait compagnon de route des communautés mayas en résistance. Ce 20 septembre, il s’apprêtait à rejoindre une rencontre continentale des peuples indigènes, chez les Yaquis de l’État du Sonora, au nord du pays.
À la tête des archives diocésaines avec sa compagne Angélica Inda, Andrés était aussi le cofondateur (avec l’historien belge Jan de Vos) d’un centre d’études dédié au sauvetage d’une mémoire méprisée : celle des vaincus d’une sempiternelle Conquête, les Mayas. Avec une équipe de jeunes Indiens bilingues, il avait glané une collection impressionnante de récits sur les insurrections qui ont rythmé l’histoire locale [1]. Critique du savoir sous sa forme académique, il voulait mettre celui-ci tête-bêche : au service de ses "sujets" d’étude. Il se disait élève des Indiens. Proche collaborateur de l’évêque Samuel Ruiz (comme lui, il subissait régulièrement menaces de mort et tentatives d’intimidation) et sympathisant des zapatistes, il n’en était pas moins un commentateur lucide, acerbe autant qu’érudit.
Dans son dernier texte publié par "La Jornada" [2] , il mettait en évidence la dernière embuscade mortelle tendue aux communautés de la forêt Lacandone : l’écologie d’État et le tourisme vert. Après leur avoir fait subir le harcèlement des paramilitaires, et sous prétexte de préserver l’écosystème, on expulse manu militari des villages entiers en présentant ces paysans mayas comme des prédateurs environnementaux. L’objectif est de parcelliser ensuite le territoire ainsi conquis : d’un côté une réserve naturelle, gérée par des "conservateurs" et vouée à l’écotourisme ; et de l’autre les terres industriellement exploitables (bois précieux, pétrole, force hydroélectrique...) livrées aux multinationales. Quant aux Indiens, qu’ils aillent se faire photographier ailleurs !
"Dans ce pays, il n’y a plus de ports de pêche, tous convertis en parkings pour des yachts qui ne servent qu’une ou deux semaines par an", écrivait Andrés. "Il n’y a plus de plages pour les pêcheurs, elles ont été phagocytées par les hôtels. Il n’y a plus ni forêts ni jungles, rien que des simulacres artificiels pollués par un élitiste tourisme d’aventure. Il n’y a plus de pâturages, mais des terrains de golf ; plus de rivières, mais des égouts à ciel ouvert ; plus de paysages champêtres, mais des parcs thématiques ; plus de ruelles dans des villes accueillantes, mais des Disneyland coloniaux. La Conquête néolibérale s’empare des terres comme il y a cinq cents ans et ravage terroirs et terres natales pour y bâtir des territoires donnés en fief à des collecteurs de devises."
La vision des environnementalistes officiels est aussi néfaste que les appétits capitalistes, constatait-il. "La flore et la faune ne sont pas l’œuvre de la seule nature. Pour le meilleur ou pour le pire, elles sont le produit circonstanciel d’un mariage de plusieurs millénaires entre la nature et l’humanité. À savoir, le produit de l’histoire, dont l’auteur et acteur est un sujet historique collectif : les peuples avec leurs cultures et leurs savoirs accumulés. Cultures et savoirs qui ont vu bien plus juste que la connaissance partielle des scientifiques."
Selon Aubry, les zapatistes perpétuent ce rapport entre nature et activité humaine grâce à une agriculture basée sur la recherche de la souveraineté alimentaire et l’exigence d’autodétermination. "Cette conception correspond à une autre option et à un autre concept de réserve : ni confiscation, ni expulsion, ni mascarade, ni nouveau privilège. Rien d’autre que la jouissance respectueuse du territoire. Une réappropriation populaire et durable, ’soutenable’ comme le disent certains écologistes, à rebrousse-poil de la convoitise capitaliste dans sa phase néolibérale, comme c’est le cas aujourd’hui."
Pour illustrer l’autonomie, Andrés aimait raconter cette métaphore maya : désespéré de ne pas arriver à le faire galoper, le propriétaire d’un pur-sang, après avoir vainement consulté plusieurs vétérinaires, se tourne vers son palefrenier, sur les lèvres duquel il a surpris un sourire. "Tu as une solution ?" "Oui, répond l’Indien, mais tu ne voudras pas l’appliquer. Il faut couper la longe qui entrave le cheval."
Malgré le camion, cet esprit-là chevauche encore.
Nicolas Arraitz
Ce texte est paru dans "CQFD" n° 49, octobre 2007 - http://cequilfautdetruire.org/
[1] Publiée sous le titre "Cuando dejamos de ser aplastados". Lors de la rédaction de "Tendre Venin" (éditions du Phéromone, 1995), André Aubry avait mis à notre disposition des documents rares. Plus récemment, il nous avait envoyé une contribution écrite (cf. CQFD n° 15).
[2] "Tierra, terruño, territorio" (Terre, terre natale, territoire), texte traduit par Ángel Caído et publié sur le site du Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte : http://cspcl.ouvaton.org/article.php3 ?id_article=485
André Aubry (Andrés, pour ses amis mexicains) est mort sur la route qui monte de Tuxtla à San Cristóbal, au Chiapas. Sa voiture s’est écrasée contre un camion. À quatre-vingts ans - dont la moitié vécue au Mexique -, cet ancien prêtre formé à l’ethnosociologie à Beyrouth et à la Sorbonne s’était fait compagnon de route des communautés mayas en résistance. Ce 20 septembre, il s’apprêtait à rejoindre une rencontre continentale des peuples indigènes, chez les Yaquis de l’État du Sonora, au nord du pays.
À la tête des archives diocésaines avec sa compagne Angélica Inda, Andrés était aussi le cofondateur (avec l’historien belge Jan de Vos) d’un centre d’études dédié au sauvetage d’une mémoire méprisée : celle des vaincus d’une sempiternelle Conquête, les Mayas. Avec une équipe de jeunes Indiens bilingues, il avait glané une collection impressionnante de récits sur les insurrections qui ont rythmé l’histoire locale [1]. Critique du savoir sous sa forme académique, il voulait mettre celui-ci tête-bêche : au service de ses "sujets" d’étude. Il se disait élève des Indiens. Proche collaborateur de l’évêque Samuel Ruiz (comme lui, il subissait régulièrement menaces de mort et tentatives d’intimidation) et sympathisant des zapatistes, il n’en était pas moins un commentateur lucide, acerbe autant qu’érudit.
Dans son dernier texte publié par "La Jornada" [2] , il mettait en évidence la dernière embuscade mortelle tendue aux communautés de la forêt Lacandone : l’écologie d’État et le tourisme vert. Après leur avoir fait subir le harcèlement des paramilitaires, et sous prétexte de préserver l’écosystème, on expulse manu militari des villages entiers en présentant ces paysans mayas comme des prédateurs environnementaux. L’objectif est de parcelliser ensuite le territoire ainsi conquis : d’un côté une réserve naturelle, gérée par des "conservateurs" et vouée à l’écotourisme ; et de l’autre les terres industriellement exploitables (bois précieux, pétrole, force hydroélectrique...) livrées aux multinationales. Quant aux Indiens, qu’ils aillent se faire photographier ailleurs !
"Dans ce pays, il n’y a plus de ports de pêche, tous convertis en parkings pour des yachts qui ne servent qu’une ou deux semaines par an", écrivait Andrés. "Il n’y a plus de plages pour les pêcheurs, elles ont été phagocytées par les hôtels. Il n’y a plus ni forêts ni jungles, rien que des simulacres artificiels pollués par un élitiste tourisme d’aventure. Il n’y a plus de pâturages, mais des terrains de golf ; plus de rivières, mais des égouts à ciel ouvert ; plus de paysages champêtres, mais des parcs thématiques ; plus de ruelles dans des villes accueillantes, mais des Disneyland coloniaux. La Conquête néolibérale s’empare des terres comme il y a cinq cents ans et ravage terroirs et terres natales pour y bâtir des territoires donnés en fief à des collecteurs de devises."
La vision des environnementalistes officiels est aussi néfaste que les appétits capitalistes, constatait-il. "La flore et la faune ne sont pas l’œuvre de la seule nature. Pour le meilleur ou pour le pire, elles sont le produit circonstanciel d’un mariage de plusieurs millénaires entre la nature et l’humanité. À savoir, le produit de l’histoire, dont l’auteur et acteur est un sujet historique collectif : les peuples avec leurs cultures et leurs savoirs accumulés. Cultures et savoirs qui ont vu bien plus juste que la connaissance partielle des scientifiques."
Selon Aubry, les zapatistes perpétuent ce rapport entre nature et activité humaine grâce à une agriculture basée sur la recherche de la souveraineté alimentaire et l’exigence d’autodétermination. "Cette conception correspond à une autre option et à un autre concept de réserve : ni confiscation, ni expulsion, ni mascarade, ni nouveau privilège. Rien d’autre que la jouissance respectueuse du territoire. Une réappropriation populaire et durable, ’soutenable’ comme le disent certains écologistes, à rebrousse-poil de la convoitise capitaliste dans sa phase néolibérale, comme c’est le cas aujourd’hui."
Pour illustrer l’autonomie, Andrés aimait raconter cette métaphore maya : désespéré de ne pas arriver à le faire galoper, le propriétaire d’un pur-sang, après avoir vainement consulté plusieurs vétérinaires, se tourne vers son palefrenier, sur les lèvres duquel il a surpris un sourire. "Tu as une solution ?" "Oui, répond l’Indien, mais tu ne voudras pas l’appliquer. Il faut couper la longe qui entrave le cheval."
Malgré le camion, cet esprit-là chevauche encore.
Nicolas Arraitz
Ce texte est paru dans "CQFD" n° 49, octobre 2007 - http://cequilfautdetruire.org/
[1] Publiée sous le titre "Cuando dejamos de ser aplastados". Lors de la rédaction de "Tendre Venin" (éditions du Phéromone, 1995), André Aubry avait mis à notre disposition des documents rares. Plus récemment, il nous avait envoyé une contribution écrite (cf. CQFD n° 15).
[2] "Tierra, terruño, territorio" (Terre, terre natale, territoire), texte traduit par Ángel Caído et publié sur le site du Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte : http://cspcl.ouvaton.org/article.php3 ?id_article=485
OGM, le combat est loin d'être terminé!!!!!
22-01-2011 Peine alourdie pour un faucheur anti-OGM
En 2005, l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) a obtenu l'autorisation de débuter des tests, dans son centre de recherche de Colmar, en Alsace, visant à un essai de plants de ceps de vignes transgéniques, résistants à la maladie du court-noué (1). Très controversée, cette autorisation n’avait guère fait l’unanimité.
En atteste la destruction par un individu isolé d’un essai OGM de l’INRA en 2009, lequel affirmait qu’aucun débat public n’était possible sur ces vignes OGM. En septembre 2009, alors que le tribunal administratif de Strasbourg venait parallèlement d’annuler l’autorisation d’expérimentation des essais en question, le responsable de cette destruction comparaissait en première instance. Il fut finalement condamné à une amende de 2000 €.
Mais, dans un arrêt du 10 janvier 2011, la Cour d’Appel administrative de Nancy a rétabli la légalité de l’essai effectué par l’INRA. Simultanément, la peine de l’individu à l’origine de la destruction de l’essai OGM en 2009 a vu sa peine alourdie. Le 17 janvier 2011, la Cour d’Appel de Colmar l’a ainsi condamné à un mois de prison avec sursis, au versement de 50 000 euros de dommages et intérêts et à une amende de 2000 euros.
Nul doute que le rétablissement de la légalité de cet essai devrait influer sur le sort de la soixantaine de faucheurs volontaires, lesquels ont définitivement détruit l’expérimentation des essais alsaciens de vignes transgéniques en août 2010. Selon l’INRA, ils devraient prochainement comparaître devant le tribunal correctionnel de Colmar.
Cécile Cassier
1- Présente dans les deux tiers du vignoble français, cette maladie mortelle est due à un virus véhiculé par un nématode (un petit ver), qui survit exclusivement dans les sols et contamine les plants par leurs racines. A ce jour, selon l'INRA, il n'existe ni variétés commercialisables naturellement résistantes au virus, ni méthodes curatives contre la maladie.
En 2005, l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) a obtenu l'autorisation de débuter des tests, dans son centre de recherche de Colmar, en Alsace, visant à un essai de plants de ceps de vignes transgéniques, résistants à la maladie du court-noué (1). Très controversée, cette autorisation n’avait guère fait l’unanimité.
En atteste la destruction par un individu isolé d’un essai OGM de l’INRA en 2009, lequel affirmait qu’aucun débat public n’était possible sur ces vignes OGM. En septembre 2009, alors que le tribunal administratif de Strasbourg venait parallèlement d’annuler l’autorisation d’expérimentation des essais en question, le responsable de cette destruction comparaissait en première instance. Il fut finalement condamné à une amende de 2000 €.
Mais, dans un arrêt du 10 janvier 2011, la Cour d’Appel administrative de Nancy a rétabli la légalité de l’essai effectué par l’INRA. Simultanément, la peine de l’individu à l’origine de la destruction de l’essai OGM en 2009 a vu sa peine alourdie. Le 17 janvier 2011, la Cour d’Appel de Colmar l’a ainsi condamné à un mois de prison avec sursis, au versement de 50 000 euros de dommages et intérêts et à une amende de 2000 euros.
Nul doute que le rétablissement de la légalité de cet essai devrait influer sur le sort de la soixantaine de faucheurs volontaires, lesquels ont définitivement détruit l’expérimentation des essais alsaciens de vignes transgéniques en août 2010. Selon l’INRA, ils devraient prochainement comparaître devant le tribunal correctionnel de Colmar.
Cécile Cassier
1- Présente dans les deux tiers du vignoble français, cette maladie mortelle est due à un virus véhiculé par un nématode (un petit ver), qui survit exclusivement dans les sols et contamine les plants par leurs racines. A ce jour, selon l'INRA, il n'existe ni variétés commercialisables naturellement résistantes au virus, ni méthodes curatives contre la maladie.
nouveau tour de passe-passe pour les phytosanitaires...
28-01-2011 Europe : une dérogation détournée au profit des pesticides ?
Dans un rapport publié le 26 janvier, les associations PAN Europe et Générations Futures ont mis en évidence le recours récurrent par un nombre croissant d’Etats membres de l’Union européenne à une clause réglementaire permettant de contourner la législation européenne des pesticides. En effet, inclus à la Directive européenne sur les pesticides ( Directive 91/414 ), l’article 8.4 prévoit la possibilité d’une dérogation pour l’utilisation d’un pesticide non autorisé pendant 120 jours en cas de « danger imprévisible qui ne peut être maîtrisé par d'autres moyens. ». Selon la procédure décrite, cet usage doit néanmoins être « limité et contrôlé ».
Au cours des 4 dernières années, PAN Europe a étudié l’utilisation de cette dérogation par les Etats membres, constatant une montée en puissance des dérogations délivrées. En effet, le nombre de dérogations de ce type, accordées dans l’UE, est passé de 59 en 2007 à 321 en 2010, soit une augmentation de 500 %. Parallèlement, le nombre d’Etats membres accordant de telles dérogations est passé de 15 en 2007 à 24 en 2010. Dans cette logique du toujours plus, le nombre de matières actives faisant l’objet de dérogations a suivi la même courbe ascendante, 152 matières actives étant actuellement concernées.
Palmarès peu reluisant, la France est présentée comme « « le champion européen de ces moyens détournés d’obtenir l’autorisation d’utilisation de pesticides, passant de 0 dérogations en 2007 à 74 en 2010 ». Elle est notamment suivie de la Grèce (54 en 2010), du Portugal (31), de l’Allemagne (24) et de Chypre (18). S’il arrive que ces dérogations s’appliquent à des pesticides peu toxiques, à l’instar des produits agréés AB, il s’agit dans la plupart des cas de pesticides de synthèse nocifs. Sont ainsi concernés des fumigants (1) dangereux comme le 1,3-Dichloropropene et le Metam-sodium, d’anciens composés organochlorés tel l’endosulfan ou des neurotoxiques comme le Glyphosat.
Pour les associations, le fait que bon nombre d’Etat membres, qui ne connaissaient pas de situation de « danger imprévisible » en 2007 (Chypre, France, Italie, Roumanie), déclarent aujourd’hui de telles listes de « danger imprévisible qui ne peut être maîtrisé par d'autres moyens » est très suspect. Le doute est d’autant plus fort que les motifs de ces dérogations sont souvent peu crédibles. Exemple parlant, la dérogation pour le glyphosate semble peu légitime alors que des alternatives, telles que le désherbage mécanique, sont disponibles.
Renforçant l’hypothèse selon laquelle ces dérogations de 120 jours sont une ruse pour contourner la voie normale d’homologation des pesticides, la procédure suivie est très opaque. De fait, les Etats membres ne publient aucune notification relative à la nature du « danger imprévisible », ni aucune précision quant aux contrôles d’une « utilisation limitée ». L’obligation d’absence d’alternatives prévu par l’article source ne semble guère plus respectée, comme le révèle la disponibilité de très nombreuses alternatives chimiques ou
techniques. Le public ne dispose pas non plus d’informations sur l’évaluation par les Etats membres des risques pour le consommateur, obligation pourtant prévue par la Commission.
Interprétant ce manque de transparence comme un signe propre aux malversations, les associations réclament la tenue de réunions ouvertes lors des négociations préalables à la dérogation, ainsi que la publication des documents présentés lors de celles-ci. Elles recommandent également de vérifier toutes les dérogations accordées en 2010 au regard du respect des réglementations en vigueur.
Cécile Cassier
1- La fumigation est « une opération consistant à introduire un gaz ou une substance donnant naissance à un gaz dans l’atmosphère d’une enceinte ou dans le sol » (DRAAF Auvergne).
Dans un rapport publié le 26 janvier, les associations PAN Europe et Générations Futures ont mis en évidence le recours récurrent par un nombre croissant d’Etats membres de l’Union européenne à une clause réglementaire permettant de contourner la législation européenne des pesticides. En effet, inclus à la Directive européenne sur les pesticides ( Directive 91/414 ), l’article 8.4 prévoit la possibilité d’une dérogation pour l’utilisation d’un pesticide non autorisé pendant 120 jours en cas de « danger imprévisible qui ne peut être maîtrisé par d'autres moyens. ». Selon la procédure décrite, cet usage doit néanmoins être « limité et contrôlé ».
Au cours des 4 dernières années, PAN Europe a étudié l’utilisation de cette dérogation par les Etats membres, constatant une montée en puissance des dérogations délivrées. En effet, le nombre de dérogations de ce type, accordées dans l’UE, est passé de 59 en 2007 à 321 en 2010, soit une augmentation de 500 %. Parallèlement, le nombre d’Etats membres accordant de telles dérogations est passé de 15 en 2007 à 24 en 2010. Dans cette logique du toujours plus, le nombre de matières actives faisant l’objet de dérogations a suivi la même courbe ascendante, 152 matières actives étant actuellement concernées.
Palmarès peu reluisant, la France est présentée comme « « le champion européen de ces moyens détournés d’obtenir l’autorisation d’utilisation de pesticides, passant de 0 dérogations en 2007 à 74 en 2010 ». Elle est notamment suivie de la Grèce (54 en 2010), du Portugal (31), de l’Allemagne (24) et de Chypre (18). S’il arrive que ces dérogations s’appliquent à des pesticides peu toxiques, à l’instar des produits agréés AB, il s’agit dans la plupart des cas de pesticides de synthèse nocifs. Sont ainsi concernés des fumigants (1) dangereux comme le 1,3-Dichloropropene et le Metam-sodium, d’anciens composés organochlorés tel l’endosulfan ou des neurotoxiques comme le Glyphosat.
Pour les associations, le fait que bon nombre d’Etat membres, qui ne connaissaient pas de situation de « danger imprévisible » en 2007 (Chypre, France, Italie, Roumanie), déclarent aujourd’hui de telles listes de « danger imprévisible qui ne peut être maîtrisé par d'autres moyens » est très suspect. Le doute est d’autant plus fort que les motifs de ces dérogations sont souvent peu crédibles. Exemple parlant, la dérogation pour le glyphosate semble peu légitime alors que des alternatives, telles que le désherbage mécanique, sont disponibles.
Renforçant l’hypothèse selon laquelle ces dérogations de 120 jours sont une ruse pour contourner la voie normale d’homologation des pesticides, la procédure suivie est très opaque. De fait, les Etats membres ne publient aucune notification relative à la nature du « danger imprévisible », ni aucune précision quant aux contrôles d’une « utilisation limitée ». L’obligation d’absence d’alternatives prévu par l’article source ne semble guère plus respectée, comme le révèle la disponibilité de très nombreuses alternatives chimiques ou
techniques. Le public ne dispose pas non plus d’informations sur l’évaluation par les Etats membres des risques pour le consommateur, obligation pourtant prévue par la Commission.
Interprétant ce manque de transparence comme un signe propre aux malversations, les associations réclament la tenue de réunions ouvertes lors des négociations préalables à la dérogation, ainsi que la publication des documents présentés lors de celles-ci. Elles recommandent également de vérifier toutes les dérogations accordées en 2010 au regard du respect des réglementations en vigueur.
Cécile Cassier
1- La fumigation est « une opération consistant à introduire un gaz ou une substance donnant naissance à un gaz dans l’atmosphère d’une enceinte ou dans le sol » (DRAAF Auvergne).
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